Selon les dernières prévisions émises par l’institut de recherche et d’analyses IWSR, les boissons alcoolisées affichent une plus grande résilience que prévu initialement. L’imminence de la mise sur le marché d’un vaccin contre le covid-19 pourrait également permettre un meilleur rebond du secteur. Toutefois, si, en termes de consommation, l’ensemble des boissons alcoolisées se comportera mieux cette année, les prévisions* de l’IWSR montrent une lente reprise sur le long terme. Cette évaluation, réalisée en milieu d’année, a été faite sur la base de l’évolution de la pandémie en 2020 jusqu’à présent.
*Les prévisions se fondent sur l’examen, par l’IWSR, de la consommation de boissons alcoolisées dans 20 marchés clés : Australie, Brésil, Canada, Chine, Colombie, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Mexique, Pologne, Russie, Afrique du Sud, Espagne, Thaïlande, Turquie, Royaume-Uni, États-Unis, plus le réseau mondial de vente au détail de voyages, ce qui représente 75% de la consommation mondiale totale d’alcool.

Baisse de 8% de la consommation d’alcool en 2020

Selon Mark Meek, PDG de Analyse du marché des boissons IWSR, « compte tenu des mesures incroyablement dures auxquelles l’industrie a continué de faire face en raison du Covid-19, il est encourageant de voir que les boissons alcoolisées dans les 19 pays cibles ne devraient diminuer que de -8% en 2020, contre une baisse à deux chiffres attendu à l’origine. » En outre, sans tenir compte des spiritueux nationaux, comme le baijiu et le shochu, le total des boissons alcoolisées reviendrait d’ici 2024 au niveau de 2019. Et Mark Meek d’ajouter, en substance, qu’au regard des nouvelles récentes sur les perspectives de recherche pour la découverte d’un vaccin, le rétablissement se produira plus rapidement.

Un grand vainqueur : le commerce électronique

Sans surprise, le vainqueur incontestable pour la vente de produits alcoolisés lors du confinement dû à la pandémie a été le commerce électronique. Les ventes ont augmenté sur tous les marchés cibles. Pour les 10 pays principaux (Australie, Brésil, Chine, France, Allemagne, Italie, Japon, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis), en valeur, le commerce électronique devrait augmenter de plus de 40% en 2020, pour atteindre 17 milliards de dollars US, puis dépasser 40 milliards de dollars d’ici 2024.

Résilience des USA et de la Chine

Autres enseignement de l’étude, seuls les États-Unis et le Canada – qui sont les principaux moteurs de la croissance des boissons alcoolisées mondiales* -, devraient afficher une croissance réelle des volumes – de plus de 2% chacun – cette année. Des évolutions qui se comparent à des pertes de volume notamment pour la Russie, l’Australie, le Japon et l’Allemagne mais qui restent inférieures à -5%.
*Ensemble ils pèsent un tiers de la consommation mondiale d’alcool en volume et plus de 40% de le valeur mondiale.

Par ailleurs, la hausse de la consommation en volume aux États-Unis en 2020 est conforme aux tendances de 2019, dixit IWSR, « ce qui indique que Covid-19 n’a pas eu d’impact sur la demande globale des consommateurs. Cependant, les gains dans le commerce de détail et le commerce électronique contrastent avec de lourdes pertes dans le canal sur site le plus rentable aux États-Unis. » Enfin, la Chine affiche aussi une meilleure performance que prévu initialement au début de la pandémie.

Vin et bière : un recul de 9% attendu en 2020

Parmi les différentes catégories, la consommation totale, en volume, de spiritueux internationaux (hors spiritueux nationaux tels que le shochu et le baijiu) devrait reculer de -7,2% en 2020, avec un redressement complet qui se produirait d’ici 2022.

USA et Canada : whiskies en croissance

Le whisky canadien et le whisky américain devraient être les seuls, dans la classe des spiritueux, à voir leurs volumes de consommation croître en 2020. Le Cognac / Armagnac, les spiritueux à base d’agave, le whisky irlandais et le whisky japonais seraient, avec le whisky américain, les plus résistants jusqu’en 2024. Enfin, le vin et la bière devrait, en cumul, baisser en volume d’environ -9% en 2020, avec une faible probabilité que chacun regagne des volumes avant plusieurs années.

Les vins mousseux devraient, eux, retrouver, d’ici 2023, leur niveau de consommation de 2019. Le prosecco premium et supérieur devrait être le moins touché par le Covid-19, et le vin tranquille premium et supérieur récupérer, d’ici 2022, les volumes perdus.

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