Trois vins Rebelle 2018 - Château Wiala, Barriques d'or 2016 Saint-Albert - Plaimont, Marginal 2018 - Terres des Chardons

Un Costières de Nîmes « Marginal » de Terre des chardons, un Fitou « Rebelle » du Château Wiala et un Pacherenc du Vic-Bilh « Saint-Albert » Barriques d’or 2016 de Plaimont, trois vins intéressants, singuliers car différents du commun par leur caractère et le fait que ce sont des vins de terroirs abordables. Deux 2018 rouges et un moelleux 2016, qui peuvent déjà être servis pour un dîner de fêtes, pourquoi pas à Noël qui s’annonce.

Photo © Pierre d’Ornano

Cuvée « Marginal » 2018, AOP Costières de Nîmes, Terre des chardons

Le domaine viticole Terre des chardons, créé ex-nihilo en 1999 par Jérôme Chardon, est situé sur la commune de Bellegarde, à 25 km du Pont du Gard, entre Nîmes et Arles, en appellation Costières de Nîmes pour les rouges et Clairette de bellegarde pour les blancs. Le vignoble s’étend sur près de 9 hectares (4,3 hectares de Syrah, 2,1 ha de grenache noir et 2,5 ha de clairette), d’un seul tenant autour du Mas.
L’exploitation  est en biodynamie. Les vignes et la vinification sont conduites en suivant les cycles lunaires. Pas d’intrants chimiques mais des préparations à base de matières végétales, minérales et animales, à doses homéopathiques et un travail des sols à la charrue pour, notamment, permettre aux racines de pénétrer plus profondément, prévenir les maladies, lutter contre les intempéries en renforçant le système immunitaire des plantes.

La Cuvée "Marginal" 2018 du domaine Terre des chardons - AOC Costières de Nîmes. Photo © Pierre d'Ornano
La Cuvée « Marginal » 2018 du domaine Terre des chardons – AOC Costières de Nîmes. Photo © Pierre d’Ornano

Née d’un terroir aux diverses expressions

Tout est fait pour que les vins expriment la diversité du terroir. « Les sols sont constitués de galets roulés, plus ou moins gros et profonds, apportés par le Rhône, ce qui permet d’avoir différentes expressions des Syrahs et des Grenaches, dixit Jérôme Chardon, car si les vignes sont d’un seul tenant, la structure du sol est diversifié. »
Les rendements sont en moyenne de 50 hl/ha. Des vendanges en vert sont, si besoin, réalisées afin d’optimiser l’expression des sols dans les vins. Les vendanges sont manuelles et les raisins, transportés en petites caissettes pour ne pas les abîmer, sont travaillés rapidement pour conserver la fraîcheur et les arômes.

Une macération semi-carbonique

La cuvée « Marginal » 2018 est un assemblage de syrah, à 80%, et de grenache, à 20%. « Les raisins sont égrappés mais non foulés, précise Jérôme Chardon. Il y en a donc qui restent entiers lors de la macération qui est presque une semi-carbonique ». Cette macération, partiellement intra-cellulaire, permet d’avoir des arômes fuités intenses. « Je ne cherche pas à extraire fortement pour conserver l’expression du terroir et une personnalité au vin », ajoute Jérôme Chardon, qui procède seulement à de petits remontages. La fermentation alcoolique est faite avec des levures indigènes, sans soufre, l’affinage est en cuves de béton.

Cuvée « Rebelle »2018, AOC Fitou, Château Wiala

La cave du Château Wiala est à Tuchan, dans le Haut Fitou, en pays Cathare. Les vignes sont situées sur les communes de Tuchan et de Paziols. Les sols sont composés de galets roulés, argilo-calcaire et de schistes.

En cours de certification bio

Le domaine, qui appartenait à Wiebke Seubert et Alain Woorons, a été repris en 2015 par Hubert Busqué*, vigneron et fils de vigneron, qui est à sa 4ème récolte de conversion en bio. Il sera donc certifié l’an prochain. Les anciens propriétaires avaient restructuré le vignoble, passé en agriculture raisonnée. « En rouge nous avons entre 7,5 à 8 hectares de vignes en exploitation, dont 7 en AOC Fitou. On produit aussi une petite cuvée de rosé, entre 12 et 15 hl/an, et un peu de Muscat de Rivesaltes, précise Hubert Busqué. Nos cépages sont le Grenache noir, le Carignan, la Syrah. Nous ne faisons pas de mourvèdre car les parcelles sont situées à une altitude trop élevées, ce qui ne permettrait pas d’atteindre la bonne maturité. » Ajoutons que le chai de vinification, avec des petites cuves en béton, permet une sélection parcellaire, et dispose de barriques d’élevage.
* Hubert Busquet fait partie du mouvement des Vignerons Indépendants de France

La Cuvée "Rebelle" 2018 du Château Wiala - AOC Fitou. Photo Pierre d'Ornano
La Cuvée « Rebelle » 2018 du Château Wiala – AOC Fitou. Photo Pierre d’Ornano

Le grenache majoritaire pour le fruit

Le cuvée Rebelle est un assemblage de Grenache noir (55% – vignes de 20 ans d’âges) de Carignan (20% – 20 ans) dont les parcelles sont situées à une altitude de 280 mètres, sur un sol de schistes. La Syrah – cépage planté il y a 15 ans sur un sol argilo-calcaire – entre pour 25% dans sa composition. Hubert Busqué a choisi un assemblage majoritairement constitué de Grenache noir dans cette cuvée pour les expressions de fruits qu’on en extrait, et pour la vivacité qui justifie sa dénomination Rebelle. Les raisins sont récoltés à la main, puis demeurent en cuve pendant 2 à 3 semaines. Le rendement est très faible, 30 hl/ha, ce qui est un gage de qualité. Il est procédé à un égrappage, sans foulage, certains grains arrivent entiers, on a donc un processus de macération pour partie intracellulaire qui permet d’être sur le fruit. « En fonction du millésime nous procédons à des remontages journaliers, sachant que pour l’année 2018, chaude, nous avons moins extrait », souligne Hubert Busqué.

Notes de dégustation, accords & informations pratiques

Cuvée « Marginal »
2018
Terre des chardons

D’une couleur grenat foncé, très profond, billant qui reflète l’ensoleillement de la région, la cuvée « Marginal » développe au nez des arômes fruités de cassis, avec des touches animales, légèrement fumées et épicées. En bouche l’acidité domine. C’est un vin végétal avec une belle structure, une puissance contenue et de l’élégance. Un vin certifié Demeter, avec une personnalité, un peu sauvage et d’une grande fraicheur pour palais aiguisés.
À servir assez frais. Pour accompagner des plats en sauce, épicés, des viandes rouges, des grillades.

Son prix :

-13 € TTC 75cl (à la propriété)
-28 € TTC le Magnum 150 cl

Où le trouver :

Chez les bons cavistes, dans certains bars à vin et tables d’hôtes dont vous trouverez la listes sur le site du vigneron en cliquant « ICI » 

Domaine Terre des Chardons
Sainte Marie des Costières – 30127 Bellegarde
Tél. : 04.66.70.02.51
E-mail : tdchardons@yahoo.fr

Cuvée « Rebelle » 2018
Château Wiala

Belle robe d’un grenat sombre aux reflets violets. Le nez est intense à dominante de fruits rouges avec une délicate note poivrée. La bouche est à la fois franche, ample et souple, avec une attaque sur le fruit. Les tanins sont fondus, soyeux. Le vin offre un bel équilibre sucre/acide. La finale est longue, onctueuse et se termine sur de la réglisse intense. Une cuvée bien nommée « Rebelle » car libre, croquante et sur le fruit qui se conservera entre 5 et 6 ans. Un vin séduisant, assez facile, mais avec une typicité, et un excellent rapport qualité/prix. À boire dès à présent.
Idéal pour un repas d’hiver, gibier, viande rouge, fromages à pâte molle et à croûte fleurie.

Son Prix :

– 8,50 € (Port gratuit à partir de 18 bouteilles achetées)

Où le trouver :

Au caveau, sur rendez-vous, tous les jours de 16h30 à 19h00, ou sur commande en cliquant « ICI »

Château Wiala

3, rue de la Glacière
11350 Tuchan
Tél.: 04.68.45.49.49 /  06.60.90.53.05

Cuvée « Saint-Albert », Barriques d’Or, 2016 Pacherenc du Vic-Bilh
Plaimont Terroirs & Châteaux

L’AOC Pacherenc du Vic-Bilh se trouve entre Aquitaine et Midi-Pyrénées. Elle s’étend sur les départements des Hautes Pyrénées, du Gers et des Pyrénées Atlantiques et est sur la même aire d’appellation que le Madiran. Le vignoble, qui avait presque totalement disparu dans les années 1970 et fut relancé par les vignerons exploitants locaux du groupe Plaimont (1), se situe entre 180 et 300 mètres d’altitude, en exposition nord-sud. Il s’étend aujourd’hui sur 250 hectares, produit des vins moelleux et liquoreux ainsi que des blancs secs, sous l’AOC Pacherenc du Vic-Bilh sec. Le Pacherenc du Vic-Bilh est produit avec des cépages endémiques du piémont pyrénéen. Le cahier des charges impose un encépagement minimum de 60 à 80% en Petit ou Gros Manseng et Petit Courbu. Les cépages plus minoritaires de l’appellation, l’Arrufiac et le Sauvignon, peuvent entrer dans les assemblages.

Carte AOC Pacherenc du Vic-Bilh © Plaimont
Aire d’appellation de l’AOC Pacherenc du Vic-Bilh commune avec celle du Madiran © Plaimont

Saint-Albert, une cuvée fraîche et fruitée

La cuvée Saint-Albert – Barriques d’Or 2016, de Plaimont est un assemblage composé majoritairement de petit manseng (70%), qui donne des arômes concentrés fruités et floraux au vin, de gros manseng (entre 20 et 25%), pour la structure et la vivacité et un faible pourcentage de petit courbu qui apporte de la rondeur. Les parcelles sont surtout situées dans le Gers, autour du village de Viella, sur des sols argilo-calcaire et aussi composés de petits graviers dénommés « peyrusquets ».

Un millésime 2016 de référence

Concernant le millésime « 2016 a été dans la norme, ce n’était pas une année caniculaire et on a eu une belle arrière-saison avec des conditions idéales pour faire les tries avec sérénité, sachant que le plus grand danger est la pluviométrie », déclare Loïc Dubourdieu, œnologue, responsable de Chai à la Cave coopérative de Crouseilles, en charge de 80 % de la production de Pacherenc du Vic-Bilh de Plaimont, qui aime particulièrement les années paires 12/14/16/18 de cette décennie. Trois tries successives ont été faites sur les parcelles, le raisin passerillé sur souche de la cuvée Saint-Albert étant issu de la vendange de second trie commencée le 15 novembre, avec un dernier passage au 31 décembre. Ces tries permettent de sélectionner les meilleurs grains de raisin à la bonne maturité.

La Cuvée « Saint-Albert », Barriques d’Or, 2016 - AOC Pacherenc du Vic-Bilh de Plaimont Terroirs & Châteaux. Photo © Pierre d'Ornano
La Cuvée « Saint-Albert », Barriques d’Or, 2016 – AOC Pacherenc du Vic-Bilh de Plaimont Terroirs & Châteaux. Photo © Pierre d’Ornano

Si les rendements sont sur l’appellation limités à 40 hl/hectare, celui, en fin de récolte, de ce liquoreux tombe à 15 hl/hectare. Autour de 17 000 bouteilles de la cuvée Saint-Albert 2016 ont été produites. Son degré alcoolique est entre 12 et 12,5% vol. Et le taux de concentration en sucre de se situe entre 92 et 100 mg/litre. On est donc sur un liquoreux, mais qui grâce à une très bonne acidité, garde toute sa fraîcheur, sachant que le passerillage sur souche, qui consiste en une surmaturation des baies par un dessèchement naturel du raisin (lire l’encadré ci-dessous), assure une concentration maximale en sucre sans que l’acidité soit dégradée.
« Le Saint-Albert est vinifié à Saint-Mont. La récolte est manuelle, avec un transport des grappes en cagettes afin d’éviter tout écrasement et conserver les grains entiers, car le raisin passerillé est très fragile. Il est ensuite procédé à un égrappage, puis à un pressurage pneumatique doux et un écoulage par gravité. Après décuvage, les jus sont ensuite mis en fermentation, dans des barriques de chêne de 125 litres, pendant 15 jours. La fermentation stoppée par refroidissement, il est procédé à du bâtonnage pendant 6 à 8 mois pour faire remonter les couches de dépôts dans les lies riches en composés, ce qui apporte du gras et du volume aromatique », détaille Loïc Dubourdieu. Enfin, pour que le manseng révèle sa typicité, et que la texture du vin ne soit pas trois boisée, 1/3 des fûts seulement sont neufs ».

Saint-Albert – Barriques d’Or 2016
Notes de dégustation, accords & informations pratiques

La robe de ce vin est dorée et brillante, la perception olfactive donne des notes fruitées de coing, de citron confit, des arômes de cédrat, d’épices, un nez riche et harmonieux. L’attaque en bouche est franche et progressive et révèle une structure acide et un bel équilibre acidité/sucre.
Un vin onctueux, gras, d’une belle longueur avec une finale qui fait saliver et appel à un retour aux saveurs.
Son acidité permet à ce Pacherenc du Vic-Bilh de bien évoluer dans le temps. On peut le déguster dans ses premières années si l’on aime la sapidité, la richesse, la générosité alliées à de la fraicheur. C’est le cas du millésime 2016. Dans le temps, sachant que c’est un profil de vin qui peut se conserver 10 ans, il évoluera sur des notes de truffes blanches.

Un liquoreux vif et complexe

Un bon moment de plaisir à passer avec ce vin à la fois vif, frais, tendu et complexe, pour un apéritif, un dessert sucré à base de citron ou de coing. Les accords avec du foie gras et sur un fromage persillé vous régaleront.
Soulignons que le manque de notoriété et parfois la méconnaissance font passer beaucoup de consommateurs à côté de ces superbes vins moelleux et liquoreux qui trouvent pourtant, parmi de nombreux dégustateurs professionnels ou amateurs, des ambassadeurs. Goûtez-les, vous en deviendrez un.

Son prix :

– 14,53 € (en promotion sur le site internet de Plaimont)

Où le trouver :

Chez les cavistes, le restaurateurs et à la boutique en ligne Plaimont en cliquant « ICI » 

Plaimont
32400 Saint-Mont – France
Téléphone : +33 (0)5 62 69 62 87
Fax : +33 (0)5 62 69 61 68

Le passerillage sur souche

Pour donner ces vins moelleux*, les raisins sont passerillés sur souche. Cette technique consiste à effeuiller la vigne autour des grappes, en début de maturité, puis à laisser le raisin sur pied afin que les sucres des baies se concentrent sous l’action du soleil et du vent. Pour que les raisins passerillés et confis puissent se conserver sur pied, et donnent des concentrations idoines pour faire des moelleux et liquoreux, il faut des conditions climatiques appropriées que l’on trouve sur les terroirs du Pacherenc de Vic-Bilh où les coteaux élevés et la proximité des Pyrénées donnent une alternance de journées chaudes et de nuits froides assurant une bonne conservation. Il faut ensuite laisser du temps. La, ou plutôt les récoltes sont donc tardives, et manuelles, car elles se font en plusieurs temps par tries successives à partir du mois d’octobre et de mi-novembre pour les grandes cuvées, ce qui est le cas pour la cuvée Saint-Albert. Les vignerons gascons l’ont d’ailleurs baptisé du nom du saint frère prêcheur, qui fut évêque de Ratisbonne et l’ami de Saint Thomas d’Aquin, car il est fêté le 15 novembre.
*Un vin est dit moelleux lorsque son taux de concentration en sucre se situe entre 12 et 45 g/litre, et liquoreux au-dessus de 45 g/litre et jusqu’à 200 g/litre.

(1) Plaimont Producteurs
leader des vins du Sud-Ouest

Le groupe coopératif Plaimont Producteurs est, au départ, issu du regroupement de trois caves qui se sont associées à la fin des années 1970 sous l’impulsion de l’œnologue André Dubosc*, les caves de Plaisance, Aignan et Saint-Mont et ont donné l’acronyme Plaimont. En 1999, les caves de Condom et de Crouseilles ont rejoint l’association ainsi que le domaine de Cassaigne à Roques. Avec 40 millions de bouteilles produites par an, soit 98 % de l’appellation Saint-Mont, 55 % de l’appellation Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh et environ 50% des Côtes de Gascogne, Plaimont est aujourd’hui le leader des vins du Sud-Ouest. Ajoutons qu’avec 800 familles de vignerons sur 5300 hectares de vignes, la superficie moyenne par exploitation tourne autour de 7 hectares. On est donc en présence d’artisans vignerons qui réalisent des vins de terroir.
*Il fonda l’union Plaimont en 1978.

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