Hallstättersee Autriche © Paul Nouallet
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Exposé pour la première fois cet été à la Galerie VU’, à l’occasion de l’exposition « L’épreuve du réel – Chapitre 3 », Paul Nouallet déplace notre regard et nos sens vers une autre esthétique.

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Photo de Une : Hallstättersee, Autriche © Paul Nouallet

Rien ou presque, pourtant, ne le destinait à s’intéresser à ce domaine du troisième art qu’est la photographie. Qui plus est, à ses formes et procédés anciens, d’ailleurs redevenus à la mode, que sont l’argentique ou le cyanotype. Paul Nouallet est aujourd’hui un explorateur de la formation, de la matérialisation de l’image. Son travail de photographe offre de nouvelles perspectives et temporalités, tant dans ses photos d’architecture qui focalisent l’attention sur de nouveaux espaces univers au sein des édifices, comme ceux de La Défense ou du musée Guggenheim de Bilbao, que dans ses cyanotypes, où la matière devient image par l’alliance de la lumière et de la chimie.

Grande Arche (7) © Paul Nouallet
Grande Arche (7) © Paul Nouallet
Grande Arche (2) © Paul Nouallet
Grande Arche (2) © Paul Nouallet
guggenheim03
Guggenheim 03 © Paul Nouallet
Guggenheim 05 © Paul Nouallet
Guggenheim 05 © Paul Nouallet

Parcours…

C’est d’abord, dans sa jeunesse, pour le dessin, la bande dessinée, que Paul se passionne. Un « univers de traits », dit-il, qui l’inspirera à ses débuts dans la photographie et que l’on retrouve dans ses séries de photos d’architecture. Il deviendra, finalement, dessinateur, mais pour l’industrie. Paul Nouallet a donc, initialement, un profil technique, dans le domaine de la mécanique industrielle (programmation de machines-outils, usinage, etc.), cependant enrichi d’un attrait pour les arts appliqués, dans lesquels il déclare « avoir baigné » au cours de son cycle de formation.

Paul Nouallet à la Galerie VU', lors de l'exposition « L’épreuve du réel – Chapitre 3 ». Photo © Pierre d'Ornano
Paul Nouallet à la Galerie VU’, lors de l’exposition « L’épreuve du réel – Chapitre 3 ». Photo © Pierre d’Ornano

C’est grâce à cet intérêt pour les arts appliqués et à son professeur de chimie du lycée Albert-Claveille de Périgueux, qui animait un club photo, qu’il a découvert et commencé, en 2005, à 18 ans, ses premiers clichés, à ce moment exclusivement en argentique. « J’ai fait beaucoup de photos et surtout de tirages, sans autre formation classique que les bases qui m’ont été données par ce professeur. C’est vraiment la matière qui m’intéresse dans la photographie. Il y a quelque chose de magique dans le développement argentique* », souligne-t-il. La dernière année de ses études il monte, dans le grenier de son grand-père maternel – un photographe amateur qui disposait de tout un matériel de développement et d’appareils photo -, un laboratoire photographique qu’il utilisa pendant une année.

Quai de gare de nuit - Seine-et-Marne © Paul Nouallet
Quai de gare de nuit – Seine-et-Marne © Paul Nouallet

Argentique : la découverte d’un autre monde

Ses études terminées, après des séjours à l’étranger puis un court retour à Périgueux où peu d’opportunités professionnelles se présentent, Paul monte à Paris retrouver des amis. Il s’y installe finalement, dans un petit appartement, où il remonte un labo photo. « A Paris, j’ai repris l’argentique, et j’ai pu récupérer le Rolleiflex de mon autre grand-père, un appareil incroyable en termes d’exploration de l’image. Lorsqu’on a pour habitude de regarder au travers d’un objectif, le fait de changer de posture pour tenir l’appareil, d’avoir un format carré, modifie notre vision du monde. S’il n’y avait pas vraiment dans la famille de sensibilité artistique, en revanche il y avait des appareils photo et du matériel qui traînaient. »
Parfois, regarder le monde via un autre prisme, en l’occurrence au travers d’un boîtier qui, en imposant une nouvelle posture, change, voire perturbe, la vision pourtant a priori établie qu’on en avait, ouvre de nouvelles portes, de nouveaux champs d’exploration. Depuis Nicéphore Niépce (qui mit à jour le « procédé héliographique »), la photographie a, ainsi, été notamment le vecteur d’expressions artistiques, ou un outil de témoignage des évènements et de l’histoire du monde. Ce peut être, également, une source de confrontation des techniques historiques et des découvertes récentes, un mariage entre chimie et digital, un alignement des temps courts et longs, pour une quête de profondeur.

*Le premier appareil de Paul Nouallet était un Pentax ME Super qui appartenait, à l’origine, à sa mère. Il utilisa, par la suite, pour ses voyages, un appareil numérique, le Pentax K20D, puis revint à l’argentique avec un Rolleiflex.

Une approche introspective via la matière photographique

Paul Nouallet a réalisé la première série de photos La Défense avec ce Rolleiflex. Une série donc en argentique, demeurée exposée pendant plusieurs années sur les murs du photographe, qui n’a jamais réussi, avoue-t-il, à atteindre un niveau satisfaisant de tirage.
« Je me suis retrouvé dans un monde à part entière, qui peut aller très loin, mais qui demande un énorme engagement (1). Avec ce blocage, pour continuer à prendre du plaisir avec la photographie j’ai décidé de changer de matériel et, après avoir scruté plusieurs options, j’ai opté pour un Leica Q, type 116 [un plein format doté d’une focale fixe de 28mm – f/1.7], appareil très minimaliste, avec très peu de fonctions, les principales qu’on retrouve sur un argentique, et qui procure toutes les sensations photographiques », déclare-t-il. C’est avec ce Leica qu’il a, finalement, monté la série La Défense.
Restera une réminiscence de l’expérience du tirage argentique et de la sensation de plaisir, lors de la révélation de l’image, qu’il produit. Un état qui va l’amener à rechercher un procédé le tirage offrant des sensations identiques, et qu’il redécouvrira notamment avec le cyanotype.
« Je me suis beaucoup bloqué sur le noir et blanc, et le fait, avec le cyanotype, de sortir du monochrome, de varier les couleurs, de retrouver les sensations du tirage, d’exposition, de découverte de l’image, grâce au soleil, avec la chimie a été incroyable. C’était le retour d’une recherche de la matière, plus que de l’image. »

Ljubljana Slovénie © Paul Nouallet
Ljubljana Slovénie © Paul Nouallet
Megève France © Paul Nouallet
Megève France © Paul Nouallet

La métamorphose d’un flux numérique en source lumineuse photographique

Autre champ d’exploration, Paul Nouallet va mélanger, fusionner les univers photographiques actuels et passés, en mariant les images numériques crées avec un téléphone mobile et l’argentique par la transformation d’un flux numérique en source lumineuse … « Je voulais retrouver dans les images prises avec mon smartphone tout l’aspect argentique du tirage, en nouant les deux. J’ai, ainsi, trifouillé, modifié des agrandisseurs photo, fabriqué des pièces pour essayer de tricher, de transformer ces photos qu’on prend au quotidien avec son téléphone en images argentiques. J’ai, finalement, trouvé un procédé. Dans une première étape je transforme, sur mon téléphone, avec une application, la photo en noir et blanc puis je la passe en négatif pour, ensuite, la développer sur papier photosensible, directement avec la lumière, poussée à fond, produite par l’écran du téléphone. » *

Procédé de développement argentique avec un smartphone.
Une confrontation entre deux temporalités : la rapidité de l’écran et la lenteur du révélateur qui fige une image digitale. Le photographe produit également des images sur papier aquarelle avec le procédé cyanotype à partir de photos imprimées sur des transparents au format A4, avec la lumière du soleil.
Zantedeschia © Paul Nouallet
Zantedeschia © Paul Nouallet

Une reconnaissance immédiate

Après avoir mis entre parenthèses la photographie pendant trois ans, en raison de la naissance de deux enfants et de la rénovation d’une maison, Paul Nouallet décide de reprendre ses appareils, mais afin de destiner ses clichés au grand public, de les exposer. Il constitue, cette année 2026, un book photo avec la série La Défense qu’il adresse à des galeries d’art. Il reçoit des retours positifs, encourageants, mais son « classicisme » n’entre pas dans le ligne éditoriale du modernisme actuel, qui recherche « l’esthétique de l’imperfection intentionnelle », le grain, le flou, le bougé, l’instantané, la célébration d’une émotion brute, en opposition aux images lissées mises en avant par le passé dans les galeries.
Un second envoi auprès d’autres galeries produira une réponse de Xavier Soule, de la galerie VU’. « Xavier Soule m’a répondu par courriel en me demandant si j’étais disponible un quart d’heure pour un appel. Il m’a dit qu’il préparait une exposition et qu’il y verrait bien mes photos. Je l’ai rencontré une semaine après, le 14 avril 2026. Puis, c’est allé très vite. L’exposition « L’épreuve du réel – Chapitre 3 » a démarré début juin.
Une reconnaissance donc très rapide, par l’une des galeries françaises les plus renommées, qui ne devrait pas en rester là.

Les œuvres de Paul Nouallet sont en vente.
Contacts :
–> Galerie VU’/ galerievu@vuphoto.fr
–> Via le site Internet de Paul Nouallet en cliquant ICI / contact@paulnouallet.com

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